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28-Sikh


"Sikh", 2005, acrylique sur toile, 80 x 40 cm.

« Lorsque tous les autres recours ont été épuisés, alors il est parfaitement juste de tirer l’épée.» Guru Gobind Singh (1666-1708) (1).


Energie créatrice.

La Sculpture en bois, représentée dans cette peinture intitulée "Sikh", est couverte de nombreuses couches épaisses de couleurs brillantes et écaillées, elle représente un "Sikh" (sic).

A l’origine cet objet exotique devait être monté sur un cheval, mais je n’ai jamais retrouvé cette monture. J’avais acquis cet objet en 1987, par hasard en chinant dans une boutique de vente entre particulier du douzième arrondissement à Paris. Comme on le ferait pour une offrande, j’ai entouré son cou d’un collier de boules en plastiques de toutes les couleurs. J’ai lové le guerrier impassible dans un écheveau de corde en nylon jaune comme s’il était là pour tirer liens et ficelles. Si je voulais vous mener en bateau je dirais : « comme si il était là pour raidir ou mollir un bout », mais ce n’ai pas mon intention tout au contraire, le sujet est grave et sérieux, sur la corde raide. J’ai accroché cet objet sur un mur pour protéger la maison. Pour moi c’est un guerrier gardien, il s’appelle "Nirbhao", sans peur.

D’après ce que j’ai lu et échangé avec divers savants à ce sujet, le sikhisme apparaît au 15 e. siècle. Ce nom de racine sanskrite "shishya" signifie disciple.

Le Gurû Nanak en est le fondateur. Il naît dans le village de Talwandi, nommé maintenant "Nankana Sahib", près de Lahore, dans l’actuel Pakistan. Ses parents sont hindouistes et appartiennent à une caste marchande : les Khatri du Pândjab. Dès son enfance, Nanak est fasciné par la spiritualité et montre des dispositions peu ordinaires pour l’apprentissage. C’est sans doute durant cette période qu’il découvre l’enseignement de Kabîr, un saint révéré aussi bien par les hindous que par les musulmans. Après une expérience spirituelle de "fusion" avec l’essence de toute chose, Gurû Nanak compose le "Jap Ji" (2), poème mystique qui résume un enseignement qu’il décide de partager. Il voyage dans toute l’Inde et dans de nombreux pays environnants - Népal, Tibet, Sri Lanka, avant d’entamer un long périple au coeur du monde musulman. En effet, le premier disciple et ami d’enfance de Nanak, Mardana, barde attaché à la famille du Gurû, est de confession musulmane. Nanak décide de suivre Mardana qui effectue son pèlerinage à la Mecque.

Ce voyage les conduira notamment dans la péninsule arabique, en Perse et en Afghanistan. Après plusieurs années de voyage, Guru Nanak réunit une communauté et fonde un village, Kartarpur (la Ville du Créateur). Il enseigne sans relâche et de nombreuses personnes viennent à son enseignement. Le "Mul Mantra" introduit le "Jap Ji", poème mystique de Gurû Nanak, il dit : « Ik - Ong - Kâr - Sat Nâm - Kartâ Purkh - Nirbhao - Nirvair - Akâl Mûrat - Ajûnî - Saibhang - Gurprasâd. » Un(e) - Énergie Créatrice - Manifestée, en action - est Son Nom, son Essence - Créateur Personnifié, Être qui crée - Sans Peur - Inimitié (Sans Rancœur) - Image de l’Éternel - Au-delà de la Naissance - Existant de lui-même - Par la grâce du Gurû.

Les "Sicks" reconnaissent onze Gurû, dix ayant vécus en chair et en os, et le dernier incarnant l’âme des dix précédents et prenant la forme d’un livre, le "Siri Gurû Granth Sâhib" : « Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak, qui gagne sa vie à la sueur de son front et ensuite partage avec les autres. ». "Gurprasâd" - Par la grâce du Gurû.

Evidemment que je sais que le guerrier à perdu son cheval, il n’en est pas diminué pour autant dans son rôle de guerrier car dans cette peinture intitulée "Sikh", il est respecté en tant que protecteur et non comme agresseur, gardien de la paix non comme homme de guerre.

La carte n’est pas le territoire. Le menu n’est pas le repas. "The Rules are no Game". La représentation n’est pas ce qui est représenté.

La France belliqueuse du début du XX e. siècle, celle que décrit avec génie Louis Ferdinand Céline (1894-1961) dans "Voyage au bout de la nuit" a finalement choisi en 1917, un mode de conduite en stratégie militaire pouvant se résumer par cette phrase « La guerre est une affaire trop importante pour être confiée à des militaires », qui ne peuvent pas percevoir la forêt avec le nez collé sur l’arbre. L’auteur de ce dernier aphorisme est Georges Clemenceau (1841-1929) (3), "Le Tigre", grand ami du peintre impressionniste Claude Monet (1840-1926) (4). Faisait-il de l’écosystémique sans le savoir, comme le "Bourgeois gentilhomme" (5) de Molière (1622-1673), faisait de la prose sans le savoir ? La conduite de la guerre du "Père la Victoire" a certainement influencée l’ "écopolitique" de la hiérarchie des niveaux de contrainte ou de dépendance et la "Théorie des contextes" des épistémologues et cybernéticiens de la deuxième génération des anglosaxons Gregory Bateson (1904-1980) et Anthony Wilden (1935-…) de l'École de Palo Alto (6). Ecole qui met au niveau politique le choix de la paix et la guerre et l’attribution des ressources appropriées. Le niveau politique oriente et délimite les stratégies militaires et diplomatiques possibles au niveau de la stratégie du choix des batailles à engager avec des ressources qui leur sont attribuées. Ces batailles du niveau de la stratégie orientent et délimitent les combats au niveau tactique. En termes de mode de comportement, il distingue le calibrage de la rétroaction attribué respectivement à l'exécution d’un programme ou d’une recette et à la stratégie. Le premier mode est un comportement exhibé à partir des règles de conduite adopté a priori, c'est-à-dire un réglage a priori. Le deuxième se rapporte à des ajustements successifs a posteriori. Les militaires des guerres perdues sont ceux qui n’abordent pas le niveau politique des buts de guerre et de paix.

En 1920, notre homme politique déclina avec indignation, l’offre de la Médaille militaire, « simple civil qui n'est même pas un ancien gendarme » nous dit l’athlétique auteur Gilbert Prouteau (1917-…) (7).

Jean-Bernard Pouchous - 2008.

Bibliographie :

-1- Kartar Singh, Guru Gobind Singh : A biography, éd. Lahor Book Shop, coll. Akal Ustat, 1998.

-2- Gurû Nanak, Kirpal Singh, Jap Ji, éd. Maisnie Tredaniel, 1999.

-3- Georges Clemenceau, Georges Clemenceau à son ami Claude Monet : Correspondance, éd. RMN, 2008.

-4- Christoph Heinrich, Claude Monet : 1840-1926, éd. Taschen, 2000.

-5- Molière, Le bourgeois gentilhomme, éd. Hachette Education, 2001.

-6- Gregory Bateson, Yves Winkin, La nouvelle communication, éd. du Seuil, 1984.

-7- Gilbert Prouteau, Le dernier défi de Georges Clemenceau, éd. France-Empire, 1979.

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