Otto Dix - Erfurth


"D'après Otto Dix, Erfurth", 2018, acrylique sur toile, 35 x 24 cm.

« Lorsque je dis à quelqu'un que j'aimerais le peindre, j'ai déjà en moi son portrait. La personne qui ne m'intéresse pas, je ne la peins pas.» Otto Dix.


Reich.

La peinture intitulée " Otto Dix, Erfurth ", a été peinte d’après " Otto Dix (1891‐1969) , Bildnis des Photographen Hugo Erfurth " (1925), huile sur toile (75,1 x 60,6 cm.), conservée à la Pinacothèque des modernes de Münich.

Otto Dix a peint le portrait du photographe Hugo Erfurth l’année où il s'installe à Berlin ; il se lie alors avec le peintre Georg Grosz (1893-1959) et l'acteur Heinrich George (1893-1946). Hugo Erfurth (1874-1948) est le photographe allemand de portrait des années 1920, il réalise une vision personnelle et psychologique qui souligne le caractère du modèle. Erfurth fréquente les artistes plasticiens et les écrivains comme Lovis Corinth, Käthe Kollwitz, Otto Dix, Gerhart Hauptmann ou Oskar Kokoschka, ces portraits très célèbres forment une partie de la mémoire de l’allemagne de cette époque (1).

Otto Dix peint une suite de grands portraits représentatifs de la "Nouvelle Objectivité" : la danseuse Anita Berber (1899-1928), le poète Iwar von Lücken, le marchand Alfred Flechtheim (1878-1937) et la journaliste Sylvia von Harden (1894-1963). Il participe à l'exposition "Nouvelle Objectivité" à la Kunsthalle Mannheim, organisée par Gustav Friedrich Hartlaub (1884-1963). En 1926, il fait sa première exposition personnelle à la galerie Neumann-Nierendorf à Berlin, puis à la galerie Thannhäuser à Munich. Il prend part aux expositions "Internationale Kunstausstellung Dresden" et "Grosse Aquarellausstellung" au palais des Expositions à Dresde. La Nationalgalerie de Berlin achète le portrait peint en 1926 du philosophe Max Scheler (1874-1928).

Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Otto Dix, alors enseignant à l'université, est l'un des premiers professeurs d'art à être renvoyé, persécuté parce qu'il est considéré comme « bolchévique de la culture » par les nationaux-socialistes.

En 1937, huit peintures de Dix sont désignées à l'opprobre public dans l'exposition "Entartete Kunst" à Munich – au total 260 de ses œuvres sont retirées des musées allemands. En 1945, à l'âge de 54 ans, il est mobilisé dans le Volkssturm (troupe territoriale) et fait prisonnier à Colmar. Il aura vécu 2 guerres et 12 ans de dictature hitlérienne.

« ... Peut-être avez-vous su qu'au cours des douze dernières années, on m'a fait continuellement des problèmes, qu'on a fouillé ma maison, que la Gestapo m'a emprisonné et que pour couronner le tout, on m'a recruté dans le Volkssturm et que j'ai été prisonnier de guerre en France durant un an. Vous savez probablement que je n'ai pu exposer tout ce temps. Mais que ces salauds considéraient mes œuvres dignes de sortir des musées et d'être vendues à l'encan en Suisse. » Otto Dix à Hugo Simons. Hemmenhofen, 1946.

Jean-Bernard Pouchous.

Bibliographie :

-1-Otto Dix : alles muss ich sehen !, Claudia Emmert, Ina Neddermeyer, Editeur : Hatje Cantz, 2016.

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