LE CARAVAGE - Holopherne


"D'après Le Caravage - Holopherne", 2011, acrylique sur toile, 35 x 27 cm.

« Il faut d'abord que l'ivresse ait haussé l'irritabilité de toute la machine : autrement l'art est impossible. Toutes les espèces d'ivresses, fussent-elles conditionnées le plus diversement possible, ont puissance d'art : avant tout l'ivresse de l'excitation sexuelle, cette forme de l'ivresse la plus ancienne et la plus primitive. De même l'ivresse qui accompagne tous les grands désirs, toutes les grandes émotions ; l'ivresse de la fête, de la lutte, de l'acte de bravoure, de la victoire, de tous les mouvements extrêmes ; l'ivresse de la cruauté ; l'ivresse de la destruction, l'ivresse sous certaines influences météorologiques, par exemple l'ivresse du printemps, ou bien sous l'influence des narcotiques ; enfin l'ivresse de la volonté, l'ivresse d'une volonté accumulée et dilatée. - L'essentiel dans l'ivresse c'est le sentiment de la force accrue et de la plénitude. Sous l'empire de ce sentiment on s'abandonne aux choses, on les force à prendre de nous, on les violente, - on appelle ce processus : idéaliser. » Friedrich Wilhelm Nietzsche, Le Crépuscule des idoles "Flâneries inactuelles" (1).


Lato sensu.

La peinture intitulée "D'après Le Caravage - Holopherne", a été peinte d’après "Judith décapitant Holopherne" (1698), huile sur toile (145 x 95 cm.), du Caravage (1571-1610), exposée à Galerie Nationale d’art ancien de Rome.

L’œuvre Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, est puissante et novatrice, elle révolutionna la peinture du XVII e. siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal, son érotisme troublant et son emploi de la technique du clair-obscur qui influença nombre de grands peintres après lui.

Nabuchodonosor II, roi de l'empire néo-babylonien entre 605 et 562 av. J.-C., avait envoyé Holopherne châtier les peuples de l'ouest parce qu'ils avaient refusé de le soutenir dans la guerre qu'il avait menée contre le roi perse Arphaxad. Après avoir pillé, tué et ravagé dans tout le Proche-Orient, Holopherne assiège Béthulie, une ville juive (probablement Massalah) qui barre un passage dans les montagnes de Judée. Comme l'eau vient à manquer, les habitants sont sur le point de se rendre, mais une jeune veuve, Judith, d'une extraordinaire beauté et d'une richesse considérable, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin elle pénètre dans le camp d'Holopherne ; ce dernier est tout de suite ensorcelé par la beauté et l'intelligence de cette femme ; il organise en son honneur un grand banquet à la fin duquel ses domestiques se retirent discrètement pour ne pas troubler la nuit d'amour qui, pensent-ils, attend leur maître. Mais elle continue à l'enivrer et, quand il est hors d'état de se défendre, elle le décapite avec l'aide de sa servante et revient à Béthulie avec la tête. Quand les soldats découvrent au matin leur chef assassiné, ils sont pris de panique : les uns s'enfuient et les juifs vainquent facilement ceux qui restent.

Jean-Bernard Pouchous.

Bibliographie :

-1- Friedrich Wilhelm Nietzsche, Le Crépuscule des idoles, éd. Flammarion, 1993.

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