MACHINE A DETECTER LE MENSONGE


"Fleurs", 1992, acrylique sur toile, 55 x 46 cm.

« La plus coûteuse des dépenses, c’est la perte de temps. » Théophraste (-372 à -288) philosophe grec du Lycée, fondateur de la botanique (1).


Un jour...

Un jour, Catherine m’a demandé de lui peindre des fleurs alors je lui ai peint des glaïeuls rouges et roses représentées dans cette peinture intitulée "Fleurs".

« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » Blaise Pascal (1623-1662).

A propos de fleur on ma raconté l’histoire suivante : Aux USA, un commissaire de police aimait tellement les fleurs qu’il en disposait même dans ses bureaux, mais aussi dans les bureaux attenants, ceux de son secrétariat. Un jour il reçut une machine à détecter le mensonge pour la mettre en pratique sur d’éventuel présumé coupable qu’il devait interroger. Cette machine lui plaisait beaucoup et il en maîtrisa rapidement l’utilisation. Son bureau était parfois très bruyant à cause des interrogatoires et le style du policier était plutôt musclé. D’autre par quand il était excédé notre homme avait l’habitude de claquer les portes. Un jour il posa par erreur ou par curiosité les électrodes du détecteur sur une de ses plantes et continua ses activités routinières. Ce fin limier remarqua rapidement que la machine branchée sur la plante enregistrait sous forme de graphes les mêmes variations physiologiques que celle enregistrées sur les suspects. Il voulait savoir ce qui se passait. Le policier interrogea donc une plante comme il le faisait avec une personne, mais il ne se passait rien. Un jour qu’il rentrait dans la pièce où il y avait la plante branchée au polygraphe, en claquant violemment la porte, il s’aperçut que le graphomètre enregistrait des variations émotionnelles. Il répéta l’action et fut bien obligé de constater que la plante était sensible aux bruits. L’expert en détection électro-mécanique vérifia ses constations en créant d’autres formes de violence dans l’environnement proche de la plante et dans la pièce voisine mais rien ne se passait. Fort intrigué et persévérant, il s’imposa méthodiquement des temps de plus en plus longs entre chacun de ses actes d’intimidation et ainsi dû constater que celle-ci ressentait donc des émotions mais qu’il fallait espacer les tests. Il essaya avec d’autres plantes avec son assistant et d’autres policiers complices et eut la confirmation de ses recherches. Le patient chercheur remarquait qu’il fallait toujours attendre un long moment pour que la plante réagisse une deuxième foi à la peur. Un jour, sous le regard incrédule du personnel de police, le commissaire expérimenta plusieurs plantes en même temps. Il du constater que si une plante avait peur avant les autres elles bloquaient l’expérimentation sur ces congénères. Seul la première plante actionnait la machine à détecter sa propre peur, ce qui provoquait l’évanouissement du groupe des autres plantes. L’heureux néo-scientifique perfectionna ses études en isolant les plantes les unes des autres et constata qu’elles communiquaient leur peur entre elles et à certaine distance. Sous la pression de ses supérieurs et pour en finir avec tout se mic-mac inhabituel dans un bureau d’interrogatoire, il se résolu à soumettre ses expérimentations à l’expertise du spécialiste des machines à détecter le mensonge. Le technicien du fabricant constata froidement les faits et fit un rapport circonstancié à son ingénieur en chef, mais l’aventure resta cantonné au commissariat. Toute sorte de bruits circula malgré tout dans le milieu de la police, sous forme de boutades qui valurent à notre expérimentateur la réputation de policier botaniste. Le fonctionnaire due obtempéré et viré toutes les plantes vertes des bureaux de la fonction publique. Plus tard, il corrobora ces constatations avec des histoires d’indien que lui avaient raconté ses collègues de travail pendant le bivouac d’une partie de chasse en forêt. Connu pour son intérêt pour les plantes dans son milieu de chasseurs il apprit une bien étrange histoire d’arbre. Dans cette ancienne réserve, il se disait que les hommes de la tribu quand ils avaient l’intention de faire un totem dans un grand et bel arbre, pratiquaient un curieux rituel. Quand les indigènes avaient trouvé l’arbre le meilleur pour satisfaire les esprits de la tribu, un groupe d’initié allait là où vivait cet arbre. Les Indiens s’essayaient tous autour de l’arbre le plus proche de celui qui normalement était visé. Les indiens invoquaient le grand esprit puis faisaient alors beaucoup de bruit et tapaient cet arbre en le menaçant de toutes sortes d’invectives violentes et brutales. Au bout d’un certain moment de ce déchaînement de violence, d’un coup, ils se précipitaient tous sur le bon arbre et l’abattaient le plus vite possible. Ce soir là, notre policier compris que les indiens ne pouvaient pas tailler un totem dans un arbre qui avait eu peur et préférait le faire dans un arbre qui s’était simplement évanoui. Pour les indiens les plantes communiquent entre elles ? Un totem c’est tabou ! En prévision de la réalisation d’un totem personnel, en automne dans un verger, quand les fruits seront murs, je vais essayer ce système avec le tronc d’un pommier, comme ça je verrais s’il tombe bien dans les pommes.

« Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ? » Victor Hugo.

Jean-Bernard Pouchous - 2009.

Bibliographie :

-1- Théophraste, Recherche sur les plantes, éd. Belin, 2009.

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