ANTONELLO DA MESSINA - Annonciation

XV e. siècle (1430 à 1453)

Le portrait procède des choix opérés par l'artiste, il répond à son désir de se mesurer à une personne, c'est-à-dire à une force vivante, et d'en créer une représentation originale, en rusant avec les contraintes et les limites que lui imposent les matériaux dont il se sert. Dans l'entreprise, la place stratégique revient au portraitiste qui maîtrise l'éclairage, règle les dispositions, la posture, le cadre propres à mettre en valeur son sujet et, choisissant l'arrière-plan, opte à son gré pour un décor flatteur ou un fond neutre. Ne trouve-t-on pas dans l'intention artistique une réponse possible à notre question concernant la singularité du portrait qui se définirait par la rencontre dissymétrique d'une demande et d'un projet ? Le portraitiste relève un défi, il construit une image non pas nécessairement de ce qu'est le modèle mais de la manière dont ses traits ont été saisis, pris dans un contexte, singularisés ou neutralisés par ce qui les encadre. Pierre Sorlin (0).

"D’après da Messina - Annonciation", 2011, acrylique sur toile, 35 x 27 cm.

« Mais ne nous querellons pas davantage,

Non, ma Lucrèce ; supporte moi pour une fois :

Assieds-toi et tout ira comme tu le souhaites.

Tu tournes ton visage, mais apporte-t-il ton cœur ?

Je travaillerai donc pour l'ami de ton ami, n'aie crainte,

Il traitera son propre sujet à sa manière,

Réglera son temps, acceptera aussi son propre prix,

(…) » Robert Browning (1812-1889) (1).


Le secret.

La peinture intitulée "D’après da Messina - Annonciation", a été peinte d’après "Vierge de l'Annonciation" (1475), huile sur bois (45 × 34,5 cm.), d'Antonello da Messina (1430-1479), exposée au Musée National de Palerme, Italie.

L'influence de la peinture flamande sur Antonello de Messine est indéniable. Celle-ci était admirée par les rois de Naples, du roi René à Alphonse d'Aragon, qui possédait la plus importante collection d'œuvres de Jan van Eyck et de Roger van der Weyden, à une époque où Naples était un grand centre politique et culturel (2).

Dans "Le Vite" de Giorgio Vasari, le biographe raconte qu'Antonello serait un jour tombé en extase devant un tableau de Jan van Eyck de la collection du roi Alphonse à Naples. Toutes affaires cessantes, il serait parti pour Bruges rencontrer le maître, duquel il aurait obtenu, en gagnant son amitié et sa confiance, le secret de la peinture à l'huile. Il ne serait retourné à Messine, puis à Venise, qu'après la mort de celui-ci, « pour doter l'Italie de son précieux secret », qu'il aurait alors transmis à Maestro Domenico Ghirlandaio (1449-1494).

Antonello n'apporte certes pas la technique à l'huile, déjà connue des Italiens, mais il familiarise ses concitoyens à certains de ses effets exploités par les maîtres flamands, notamment la transparence des couleurs broyées à l’huile de lin et utilisant l’essence de térébenthine comme solvant.

Jean-Bernard Pouchous - 2011.

Bibliographie :

0- Pierre Sorlin, Persona : Du portrait en peinture, éd. PUV, 2000.

31-1- Robert Browning, Hommes et Femmes : Poèmes choisis, éd. Aubier, 1992.

31-2- Claude Mignot, Daniel Rabreau, Histoire de l'art - Temps modernes XV e. -XVIII e. siècles, éd. Flammario, coll. Histoire de l’Art, 2010.

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