7-MICRO BRASIL


"Micro Brasil", 2006, acrylique sur toile, 80 x 40 cm.

« Les ténèbres cachent l’évènement futur. » Théognis de Mégare (v. -540) (1).


Dona Maria Francisca Isabel de Gygèses et bout de ficelle...

Au premier plan de cette peinture intitulée "Micro Brasil", surgit un micro. Avec son support, ils font partie de l’équipement périphérique de mon PC (Politiquement Correct, non ! Parti Communiste, non ! Parti Conservateur, non ! Personal Computer, oui !). Ce microphone est orienté pour capter la voix d’une chanteuse populaire brésilienne. Emouvante par sa pause "mater dolorosa", main droite sur le sein, l’autre sur un ventre fécond, elle semble interpréter une des chansons les plus intériorisée de Marcus Vinícius da Cruz de Melod Moraes dit Vinicius de Moraes (1913-1980) (2), d’Antônio Carlos Brasiliero de Almeida Jobim dit Antônio Carlos Jobim (1927-1994) (3), de João Gilberto Prado Pereira de Oliveira dit João Gilberto (1931-…) (4), de Baden Powell de Aquino dit Baden Powell (1937-2000) (5), ou de Gilberto Passos Gil Moreira dit Gilberto Gil (1942-...) (6).

En fait, il s’agit d’une petite statuette en porcelaine émaillée de couleurs brillantes, souvenir de voyage, objet plus ou moins touristique provenant du Brésil. Elle traîne d’habitude sur une étagère et à chaque fois que je l’aperçois (dans quel état j’erre ?), je l’interpelle par son nom "Dona Maria Francisca Isabel de Gygèses" (lire plus loin son histoire). Le sol de cette salle de concert improvisée est le chêne verni d’un plateau de table. Un violent coup de flash éclaire cette mise en scène et projette des ombres portées orangées sur une pancarte blanche, tournée d’un quart sur gauche elle indique en lettres rouges l’injonction "propriété privée défense d’entrée". Cette pancarte est accrochée sur le panneau ajouré à claustra qui ferme une des vitrines de la salle de séjour.

« Occasio facit furem. » L’occasion fait le larron.

Histoire de "Dona Maria Francisca Isabel de Gygèses" :

"Dona Maria Francisca Isabel de Gygèses" était une jeune chanteuse brésilienne. Elle chantait avec son orchestre quand un affaissement de terrain se forma après un violent orage et détruisit la salle de concert dans laquelle elle se produisait. Une invraisemblable panique vida la salle, la laissant indemne, seule sur scène. Elle s’aventura alors dans les décombres et découvrit parmi les gravats, un énorme cheval de bronze.

Dans les flancs de l’animal étaient curieusement incrustées des portes. Après avoir ouvert ces portes, "Dona Maria Francisca Isabel de Gygèses" aperçut à l’intérieur du cheval le squelette d’une géante portant au doigt un anneau d’or.

Elle prit cet anneau, se le passa au doigt, et, sans dire un mot de son aventure, elle alla rejoindre les autres rescapés de la catastrophe, à l’extérieur. Elle remarqua alors que, chaque fois qu’elle tournait sa bague vers l’intérieur, elle devenait invisible pour tous, tout en gardant la faculté de voir et d’entendre ce qui se passait autour d’elle. Dès qu’elle retournait la bague dans l’autre sens, elle redevenait visible. Après avoir confirmé les pouvoirs de son anneau par plusieurs expériences, elle se rendit au palais et séduisit le roi. Elle complota avec lui, la mort de la reine, la tua et s’empara du trône.

« Plus nous nous élevons, plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler. » Friedrich Nietzsche (1844-1900) (7).

Jean-Bernard Pouchous - 2008.

Bibliographie :

-1- Oswyn Murray, La Grèce à l'époque archaïque, early Greece, éd. Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 1995.

-2- Vinicius de Moraes, trad. Jean-Georges Rueff, Recette de femme : Et autres poèmes, eReceita de mulhere, éd. Seghers, 1960.

-3- Antônio Carlos Jobim, Best of Bossa Nova, éd. MCA music, 1966.

-4- João Gilberto, Joao Voz E Violao, éd. Universal, CD, 2000.

-5- Milazzo Fizzarott, Impeesa la grande Aventure de Baden Powell, éd. Lizard, 2007.

-6- Gilberto Gil, The Soul Of Brazil (The Very Best Of), éd. U10 Best of, CD, 2005.

-7- Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain, éd. Hachette Littérature, coll. Pluriel, 2001.

-8- Frédéric Rouvillois, Histoire du snobisme, coll. éd. Flammarion, Au fil de l’histoire, 2008.

-9- Marcel Proust, Jean-Yves Tadié, A la recherche du temps perdu, éd. Gallimard, coll. Quarto, 1999.

-10- Boris Vian, Dominique Rabourdin, Chansons, éd. Christian Bourgois, coll. Littérature française, 2005.

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